Quand le travail abîme la santé : les chiffres qui alertent dans les PIC

Dans les PIC, les conditions de production continuent de peser lourdement sur la santé des agents. Pour FO Com, les données présentées en CSE de la DEXCIL imposent de renforcer la prévention et d’agir concrètement sur l’organisation du travail.

FO Com constate que les chiffres présentés lors du dernier CSE de la DEXCIL sont sans équivoque : trop d’agents paient chaque jour de leur santé les exigences de la production.

En 2025, 251 accidents du travail ont été recensés dans les PIC, dont 72 accidents de trajet. Plus révélateur encore, 70,4 % des accidents avec arrêt sont liés à la manutention, tandis que 90 % des maladies professionnelles trouvent leur origine dans les gestes répétitifs et les postures de travail.

Ces données ne doivent pas être considérées comme une simple statistique. Elles traduisent les difficultés quotidiennes rencontrées par les postiers qui assurent le traitement du courrier et des colis. Lever, porter, pousser, tirer, répéter les mêmes gestes des centaines, parfois des milliers de fois au cours d’une vacation : cette pénibilité laisse des traces.

Les troubles musculo-squelettiques (TMS) sont désormais omniprésents dans les PIC. Tendinites, lombalgies, syndrome du canal carpien, douleurs chroniques ou restrictions médicales rythment le parcours de nombreux collègues. Pour certains, ces pathologies entraînent des arrêts de travail prolongés, des reclassements, voire une inaptitude définitive. Derrière chaque dossier se cache une personne dont la vie professionnelle, mais aussi personnelle, est profondément affectée.

Pour FO Com, cette situation n’a rien d’une fatalité. La prévention ne peut se résumer à quelques affiches de sensibilisation ou à des rappels de bonnes pratiques. Elle doit se traduire par des mesures concrètes et durables.

L’une des premières réponses réside dans le respect effectif de la matrice d’affectation, sujet porté par FO Com. Une véritable rotation des postes permet de limiter l’exposition prolongée aux mêmes contraintes physiques, de répartir les efforts entre les équipes et de réduire significativement les risques de TMS. Cette organisation du travail ne doit pas rester théorique : elle doit être appliquée partout où elle est prévue.

Mais cela ne suffit pas. FO Com demande également la poursuite des investissements dans les équipements de manutention, l’amélioration de l’ergonomie des postes de travail et une organisation qui prenne réellement en compte les capacités physiques des agents. La prévention doit être pensée en amont, avant que les blessures ne surviennent.

Chaque accident évité représente une souffrance épargnée. Chaque maladie professionnelle prévenue permet de préserver une carrière, une santé et parfois une vie familiale. Investir dans les conditions de travail n’est pas une dépense : c’est une responsabilité.

FO Com continuera d’intervenir dans toutes les instances pour que la santé des personnels cesse d’être la variable d’ajustement des impératifs de production. Les agents des PIC méritent des conditions de travail à la hauteur de leur engagement quotidien. Parce que derrière chaque colis traité et chaque courrier distribué, il y a avant tout des hommes et des femmes dont la santé doit rester une priorité absolue.

Article issu de l’inFO PIC n°11