Un demi-siècle après, toujours pas d’égalité salariale !
En cette Journée internationale des droits des femmes, Force Ouvrière rappelle que l’égalité salariale reste, en France, un combat loin d’être gagné. Plus de cinquante ans après la loi de 1972 imposant « à travail de valeur égale, salaire égal », les écarts demeurent. Selon l’INSEE, en 2024, les femmes gagnent encore en moyenne 21,8 % de moins que les hommes sur l’année, et 14 % à temps équivalent. La promesse d’égalité demeure non tenue.
Depuis 2018, le gouvernement met en avant l’index de l’égalité professionnelle comme preuve de progrès accomplis. Mais FO en dénonce les limites : dispositif déclaratif, sans contrôle réel ni sanctions dissuasives. Huit ans après, les résultats parlent d’eux-mêmes : près d’un quart des entreprises n’atteignent pas la note minimale, beaucoup ne publient pas leurs scores, et les pénalités prévues par la loi restent rares. Derrière ces chiffres, ce sont chaque année des milliers de femmes qui perdent des milliers d’euros, en salaires comme en droits à la retraite.
L’exemple de La Poste l’illustre parfaitement. En 2026, l’entreprise affiche un Index à 99/100, laissant croire que l’égalité est acquise. Une note flatteuse (+5 points par rapport à 2025), obtenue notamment grâce à la présence de quatre femmes parmi les dix plus hauts salaires, critère suffisant pour obtenir la note maximale. Pourtant, les inégalités persistent : écarts de rémunération, carrières ralenties, plafonds de verre tenaces, métiers fortement genrés, etc. En 2025, La Poste a même dû mobiliser 750 000 euros pour corriger des écarts salariaux concernant plus de 500 bénéficiaires.
Début 2026, un rapport parlementaire est venu confirmer le constat de FO : l’index n’a produit que des effets de façade. Dans plusieurs secteurs, les écarts repartent même à la hausse. FO dénonce cette hypocrisie qui réduit l’égalité salariale à une vitrine de communication, pendant que, dans la santé, le commerce, le social ou la fonction publique, les métiers à forte présence féminine restent sous-payés et sous valorisés.
Face à cette situation, FO exige des mesures concrètes : contrôles indépendants, sanctions automatiques en cas de manquements, transparence intégrale des grilles de salaires et revalorisation urgente des métiers féminisés. L’État doit cesser de se limiter à un rôle d’observateur et redevenir garant de l’égalité.
La transposition prochaine de la directive européenne 2023/970 sur la transparence salariale est une occasion à saisir. Ce texte impose la publication des écarts de rémunération et le droit pour chaque travailleur/travailleuse d’y accéder. Pour FO, il ne doit pas être appliqué a minima mais dans toute son ambition, avec des contrôles effectifs et des moyens renforcés.
Car l’égalité salariale n’est ni un slogan ni une faveur : c’est un droit fondamental. Plus d’un demi-siècle après la loi de 1972, FO continuera à se battre pour qu’il devienne enfin réalité, sur les bulletins de paie comme dans les carrières. Assez d’attente, assez d’injustice : il est temps d’agir !
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