dimanche 16 décembre 2018

édito

l’heure de vérité

En dépit des tensions sociales, de l’infléchissement de la croissance et de l’absence de résultat sur le chômage, le gouvernement a décidé d’accélérer le rythme des contre-réformes. Aucun domaine n’est épargné, c’est l’ensemble du système social républicain qui est menacé. Les principes mis en oeuvre sont toujours les mêmes: individualisation des droits à la place des systèmes collectifs ; étatisation des systèmes, par exemple pour l’assurance chômage et l’assurance maladie, en remplaçant les cotisations par l’impôt (la CSG) ce qui permettrait au gouvernement de puiser à volonté dans ces caisses ; destruction des régimes de retraites, au prétexte d’universalisation, afin de diminuer les pensions ; mise sous condition et fusion des aides sociale (RSA, APL, etc.) ce qui aboutira à les diminuer fortement ; remise en cause du service public républicain et de l’égalité des droits. Et la liste n’est pas exhaustive.

Chez Orange, par exemple, la tentative de certaines organisations (en particulier la CGC) de faire exploser le système social pour donner plus à ceux qui ont déjà plus, ressemble étrangement à ce qui se fait sur le plan politique. FO Com mène un combat déterminé pour défendre un budget social égal pour tous.

À La Poste, la modification de gouvernance annoncée nous a conduits à intervenir auprès des pouvoirs publics et dans les médias. La création d’un pôle financier public a toujours été une de nos revendications ; conforter La Banque Postale en l’adossant à la CNP est une bouffée d’oxygène pour La Poste et donc pour les postiers. Cependant, nous exigeons que l’entreprise reste 100 % publique et continue d’assurer ses missions, indispensables aux usagers, notamment aux plus fragiles d’entre eux. Ce sera le cas si le texte proposé au parlement, à l’heure où nous mettons sous presse, est adopté en l’état. Mais nous savons combien la vigilance est de mise.

L’actualité démontre chaque jour la nécessité du syndicalisme indépendant, revendicatif et réformiste que nous incarnons. Les combats déterminants sont à venir et nos gouvernants seraient bien imprudents de penser qu’ils ont déjà gagné. L’heure est plus que jamais à la mobilisation, pour réussir le 9 octobre, pour gagner les échéances électorales de fin d’année, pour construire la force nécessaire en développant notre syndicat FO.

Philippe CHARRY