édito

Justice sociale et liberté…

Gouvernement et dirigeants sont en train d’oublier les leçons de la crise sanitaire : oubliés les services publics indispensables à la vie de la Nation, oubliée l’urgence de reconsidérer les métiers dits essentiels et leurs salariés de la « deuxième ligne », oubliée la nécessaire augmentation des salaires, pensions, retraites et minima sociaux. L’état d’esprit des tenants du libéralisme n’est donc pas prêt de changer. Le patronat, qui aura tôt fait de réduire les actions de l’État et des services publics à celui d’assureurs des mauvais jours, est déjà pressé de reprendre le cours des choses et notamment les cours boursiers.

Il va bien falloir pousser ce « beau » monde au changement auquel nous aspirons; nous comptons bien y jouer notre rôle, tout notre rôle ! À commencer par continuer d'exiger le retrait du projet de réforme des retraites et des nouvelles dispositions de l’assurance-chômage. Et au-delà de ces deux combats « phare », non seulement nos revendications demeurent mais la crise sanitaire a mis leurs pertinences en lumière : investissements et embauches dans les services publics, augmentations générales des salaires, pensions et retraites ou encore consolidation de notre protection sociale. C’est à nous d’accélérer le changement pour que la reprise économique s’accompagne de justice sociale.

La négociation sur le télétravail qui a abouti à un accord est un exemple d’une double victoire syndicale. Bien sûr, certains auront à y redire, il n’empêche que cet accord va permettre à des millions de salariés d’être protégés avec de nouveaux droits en la matière. Beaucoup d’entre eux n’ont pas la chance d’avoir un accord sur le sujet ou n’ont pas de possibilité de négociation (absence de représentation syndicale). C’est aussi le renforcement du droit syndical puisque l’accord prévoit les moyens nécessaires aux représentants syndicaux de pouvoir informer et garder le contact avec les salariés. Car si les temps changent, si le monde du travail et ses organisations évoluent, nous devons être en capacité de continuer l’action syndicale.

Le syndicat doit être là. FO Com est là ! Pour preuve, les militants du Groupe La Poste, d’Orange et des télécoms n’ont jamais cessé d’être sur le terrain, au plus près des personnels tout au long de cette année. Notre responsabilité d’organisation syndicale libre et indépendante consiste à continuer coûte que coûte et surtout à ne pas se laisser museler par les circonstances, par les lois et textes d’exception !

Pour que le monde d’après soit meilleur que le monde d’avant, soyons à la fois, militants et résistants.

Il en va de la justice sociale et de la liberté.

Christine BESSEYRE