Santé / Sécurité

Défaillance du management de La Poste du Nord !

Même si les événements datent de février dernier et font la une de ces derniers jours, ce qui s’est produit à la plateforme de distribution du Courrier de Villeneuve d’Ascq dans le Nord demeure inadmissible et mérite un carton rouge en matière de prévoyance et de santé au travail.
Les faits : une factrice  en CDD, se remet très difficilement d’un AVC dont elle a été victime en février dernier à son travail. Souffrante, elle signale à sa hiérarchie sa situation et demande d’appeler les secours… malgré son alerte,  il aura fallu l’intervention d’un collègue et son insistance à reprocher à la hiérarchie, atteinte sûrement de léthargie, d’avoir minimisé la situation et d’avoir tardé à appeler les secours…soit plus de 2 heures après.
Au-delà des conséquences médicales pour la victime, cette carence dans le signalement de l’alerte auprès des services de soins est révélatrice d’une défaillance de management, mais qu’en plus l’agent qui a insisté pour que cette dernière agisse soit aujourd’hui ostracisé, est tout simplement inadmissible. Cela s’apparente plus à un règlement de comptes pour mieux cacher le manquement de certains à leur obligation de veiller à la santé des personnels dont ils en ont la charge. Membre du CHSCT, ce collègue demande la tenue d’un comité extraordinaire pour mise en danger de la vie d’autrui. Et c’est là que les ennuis commencent pour lui : suspendu de ses fonctions et en retrait de service, il pourrait être muté. Il sauve la vie d’une collègue et perd son travail ! Pire, le postier  fait 30 heures de garde à vue après une plainte de sa hiérarchie pour harcèlement.
Face à cette défaillance du management, la direction du Courrier de La Poste prétend que c’est un encadrant qui a alerté les secours… Parallèlement, la victime a porté plainte pour non-assistance à personne en danger. Et l’inspection du travail a saisi le procureur de la République de Lille.
Le recours à des CDD pressurisés au maximum devient hélas trop fréquent à La Poste, ce qui est une source de risques psychosociaux.
Pour FO, la santé de tous les postiers est une priorité. FO s’inquiète de la remise en cause des instances comme les CHSCT et de la diminution du rôle de la médecine du travail, conséquences de Loi Travail.

Vélo à Assistance Electrique Arcade, La Poste retire 700 batteries…

Suite à la combustion lente de la batterie d’un VAE Arcade, La Poste a décidé, à titre conservatoire, de retirer 700 batteries du type et de la série incriminée par ce nouveau incident. Cette mesure de précaution doit permettre de vérifier et établir d’éventuels risques de toutes les batteries du modèle impliqué. Une expertise est en cours par le fabricant. Les directeurs d’établissement concernés sont en charge de veiller à l’application de ces mesures ainsi qu’à la mise en place des moyens techniques de remplacement. Pour FOCOM, la sécurité des agents est une priorité. Nous suivrons et resterons particulièrement attentifs aux résultats des investigations et expertises.

Bilan social 2015 : Emploi et absentéisme, Rien ne va plus !

La Poste a présenté son rapport social 2015. Avec 224 045 personnes physiques au 31/12/2015, La Poste poursuit sa politique de réduction massive des emplois (moins 7300). Si cette dernière affiche un satisfécit avec 3 588 recrutements en CDI, ces chiffres masquent une autre réalité plus criante que vivent les personnels, la dégradation sociale et humaine de leurs conditions de vie au travail.
Ainsi, la hausse de 49 % du recours au travail externe (intérim entre autres, + 1500 EAA par rapport à 2014), est révélatrice d’un choix stratégique en matière d’emploi voulu pour des raisons économiques. Quant à la saisonnalité invoquée pour justifier ce recours, ce n’est qu’un prétexte pour ne pas combler les absences ou les postes vacants avec du personnel permanent. Depuis sa création, 11 950 agents sont aujourd’hui dans un dispositif TPAS sans que ces derniers soient remplacés sur le terrain. Ce sont ceux qui restent qui assurent le quotidien ! Ajouter à cela, les restructurations qui se s’accentuent et le vieillissement de la population (48 % des postiers pont plus de 50 ans et 25 % ont plus de 55 ans), dans ces conditions pas surprenant que l’absentéisme pour maladie continue de progresser avec 1,5 jours d’absence en plus par agent par rapport à 2014 (25,5 jours pour les fonctionnaires et 23,5 jours pour les salariés). Et c’est sûrement pour cela que La Poste met en place une commission sur l’absentéisme… une de plus dirons-nous. Si La Poste veut vraiment s’attaquer à l’absentéisme, à la pénibilité au travail, qu’elle arrête sa politique de réduction des emplois, qu’elle remplace tous les agents absents et postes vacants avec du personnel permanent (réduction du chômage et de la précarité), qu’elle s‘attaque à la cause réelle de ce mal en appliquant une véritable politique de santé au travail qui intègre, outre la prévention des risques, la refonte des normes de travail afin que travailler ne rime plus avec souffrance.

3 questions à… François Lefebvre, responsable fédéral CHSCT POSTE

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Le 28 avril, journée mondiale pour la santé et la sécurité au travail, FOCom a organisé un colloque sur la santé des postiers, pourquoi ?

Pour deux raisons, la première est de faire intervenir des experts de la santé au travail, extérieurs à l’entreprise La Poste, ce qui permet d’avoir une vision parfois différente et de donner des pistes de réflexion nouvelles pour de futures actions. La seconde est d’afficher clairement les problématiques et de faire prendre connaissance à La Poste la détermination forte de FOCom pour que la santé des postiers devienne une priorité en l’intégrant au cœur de l’organisation de l’entreprise…

Quels retours de la part des participants ?

La qualité des interventions ainsi que les échanges avec le public ont été particulièrement appréciés. La salle, composée majoritairement de postiers et de syndicalistes, a mis l’accent sur le fait qu’on nous parle de changement de mentalité, on nous dit que l’on va « adapter le poste de travail à l’homme ». Mais en vérité, les organisations du travail actuelles ne le permettent pas, les moyens ne sont pas mis en œuvre. Pour tous, La Poste doit avoir une organisation de la prévention indépendante et qui ait les moyens d’agir. Toutes les interventions ont souligné l’importance de redonner sa place au « collectif de travail » face à une organisation du travail fondée sur l’individualisation et l’isolement des agents. Les participants ont souhaité que les débats se poursuivent dans le cadre d’autres colloques et au sein du syndicat pour que ce sujet devienne une préoccupation de fond.

Quelle suite FOCom doit-elle donner à cette initiative pour promouvoir ce thème auprès de La Poste ?

FOCom poursuivra ses revendications sur la santé au travail dans toutes les instances de La Poste. Il faut que La Poste garantisse l’indépendance des acteurs de la santé au travail, médecins du travail, infirmiers ou infirmières, assistants sociaux, préventeurs… Il faut que les mesures de prévention primaire soient mises en œuvre systématiquement et que les études « d’IMPACT » soient réalisées en associant systématiquement les représentants du personnel à chaque étape des projets. La Poste ne donne pas les moyens humains adaptés aux besoins des services et nous exigeons que cela change. Les CHSCT doivent fonctionner efficacement et participer à la réduction des risques auxquels les postiers sont exposés.
il faut aussi que les risques psychosociaux soient réellement pris en compte car à l’origine de nombreuses conséquences pour les postiers. Les évaluations des risques doivent être réalisées objectivement et les actions réellement mises en œuvre ! L’entreprise doit reprendre l’ensemble des rapports d’expertises réalisées par des cabinets agréés ainsi que les rapports des inspecteurs du travail pour mettre en place une véritable politique de prévention.
Beaucoup de choses doivent encore bouger à La Poste, et FOCom intensifiera son action pour que la santé des postiers devienne une priorité pour l’entreprise.