Diversité

Construire un monde du travail où chacun a sa place

La journée du 17 mai est une date importante, reconnue internationalement comme la Journée contre l’homophobie, la transphobie et la biphobie. Pour FO Com, cette journée est une occasion essentielle de réaffirmer son engagement en faveur de l’égalité des droits et de la lutte contre toutes les formes de discrimination, y compris celles fondées sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre.

Dans le cadre du baromètre biennal de L’Autre Cercle mené en 2024, 2 100 postiers, dont 240 personnes LGBT+, ont été interrogés. Les résultats montrent que 29 % d’entre eux déclarent avoir subi des agressions en lien avec leur orientation sexuelle au sein de l’entreprise, contre 42 % en 2022. En parallèle, 22 % des postiers LGBT+ rapportent avoir été confrontés à des traitements inégaux en raison de leur orientation ou de leur identité de genre. Bien que ces chiffres soient en baisse, ils soulignent la persistance de comportements discriminatoires et la nécessité de poursuivre les actions en faveur d’un environnement de travail inclusif et respectueux.

FO com considère que la défense des droits des personnes LGBT+ fait partie intégrante de la défense de tous les travailleuses et travailleurs. L’accord sur l’égalité professionnelle 2022-2025 intègre ainsi des dispositions spécifiques pour lutter contre les stéréotypes et favoriser une culture d’entreprise plus inclusive. Lutter contre les stéréotypes, le sexisme et les discriminations, c’est garantir un environnement professionnel sain, respectueux et où chacun peut s’épanouir pleinement, sans crainte de jugement ou de représailles.

Cette journée du 17 mai doit être l’occasion de :

  • Sensibiliser : Informer et éduquer sur les réalités vécues par les personnes LGBT+, les discriminations qu’elles subissent et l’importance de l’inclusion.
  • Revendiquer : porter les revendications pour l’égalité des droits au sein du monde professionnel et dans la société en général. Cela passe par des politiques d’entreprise inclusives, la lutte contre le harcèlement et les discriminations, et la reconnaissance pleine et entière des droits de chacun.

Lors de la négociation de l’accord égalité professionnelle 2022-2025, FO Com a obtenu plusieurs avancées concrètes :

  • L’extension des droits parentaux aux familles homoparentales.
  • L’ouverture effective du congé de paternité et d’accueil de l’enfant aux couples homosexuels masculins, avec maintien de la rémunération.
  • L’instauration de mesures de priorité dans le choix des congés pour les familles homoparentales.
  • L’inscription explicite de la lutte contre les stéréotypes liés à l’orientation sexuelle et à l’identité de genre.

Pour FO Com, la lutte contre la LGBTphobie n’est pas seulement une question de justice sociale, mais aussi une condition nécessaire pour construire une société plus égalitaire et fraternelle, où la diversité est une richesse. Cette journée du 17 mai est un rappel que le combat pour l’égalité continue et que l’engagement de chaque instant est indispensable.

Femme et handicap – Un double combat pour atteindre l’égalité

Les inégalités entre les femmes et les hommes demeurent profondément ancrées dans nos sociétés, touchant des domaines variés comme l’éducation, la vie personnelle et le milieu professionnel. Les femmes continuent de faire face à des écarts salariaux persistants, à des obstacles à la progression de leur carrière ainsi qu’à des discriminations. Parallèlement, elles supportent une charge disproportionnée de responsabilités familiales et domestiques, souvent non reconnue, limitant leur autonomie économique et sociale.
Ces inégalités prennent une dimension encore plus marquée lorsqu’elles concernent les femmes en situation de handicap.
Celles-ci subissent une double peine, cumulant les discriminations liées au genre et celles associées au handicap. Cette situation entraîne une marginalisation accrue où les difficultés se renforcent mutuellement, les plaçant dans une position de grande vulnérabilité sociale et économique. Pourtant, ces femmes restent souvent invisibles dans les statistiques et les politiques publiques, rendant leurs difficultés encore plus dures à combattre.

Un accès limité à l’éducation et au marché du travail

Si la participation des femmes au marché du travail en France a considérablement augmenté au cours des 50 dernières années, réduisant l’écart avec les hommes de 31,2 points en 1975 à 6,3 points en 2020, cette avancée ne bénéficie pas de manière équitable aux femmes en situation de handicap. Leur taux d’emploi n’est que de 42 %, bien inférieur à celui des femmes de la population générale (68 %). Cette exclusion professionnelle est renforcée par un taux de chômage plus élevé. En 2023, selon l’AGEFIPH, 12 % des personnes en situation de handicap étaient au chômage, contre 7 % pour l’ensemble de la population. L’absence de données spécifiques pour les femmes en situation de handicap met en lumière un manque de statistiques genrées en France, ce qui limite la compréhension précise de leurs difficultés sur le marché du travail.
Ces inégalités trouvent, en partie, leur origine dès le parcours éducatif. Bien que les filles en situation de handicap obtiennent souvent de meilleurs résultats scolaires, elles sont moins encouragées à poursuivre des études supérieures par rapport à leurs homologues masculins. Les attentes des parents et des enseignants les orientent fréquemment vers des filières restreintes, réduisant leurs perspectives professionnelles dès le départ. Cette orientation éducative genrée limite leur accès à des emplois qualifiés et bien rémunérés, les confinant à des postes précaires.

Une précarité renforcée et une surexposition aux violences

Sur le marché du travail, les femmes en situation de handicap font face à une précarité exacerbée par des stéréotypes de genre cumulés à ceux liés au handicap. Lors des recrutements, elles doivent surmonter des préjugés multiples : doutes sur leur sérieux, suppositions sur leurs compétences professionnelles ou des idées reçues concernant leur « potentiel ». Aux stéréotypes de genre – tels que des perceptions de faiblesse ou de manque d’ambition – s’ajoutent ceux liés au handicap. Cette accumulation de barrières les maintient dans une situation de vulnérabilité économique et sociale, révélant l’urgence de politiques publiques pour promouvoir leur inclusion et leur autonomie.
L’accès à la formation professionnelle représente également un défi majeur pour ces femmes. Leurs responsabilités familiales, combinées à des problèmes d’accessibilité, limitent considérablement leurs opportunités de se former. Cette situation est d’autant plus préoccupante dans des secteurs d’avenir comme l’informatique, la technologie et les sciences, où les femmes sont déjà sous-représentées.
En outre, l’accès aux postes de pouvoir demeure particulièrement limité, illustrant une ségrégation verticale persistante. Elles sont désavantagées par rapport aux hommes handicapés et aux personnes « valides » pour atteindre les professions les plus élevées et les postes de direction. Par exemple, seulement 1 % des femmes handicapées en emploi occupent des postes de cadres, contre 10 % des hommes handicapés, 14 % de l’ensemble des femmes et 21 % de l’ensemble des hommes. Ce plafond de verre est renforcé par un manque d’accès à des formations de qualité, limitant leurs perspectives de carrière et leur autonomie financière, et les confinant souvent à des emplois peu qualifiés et précaires.
Cette précarité professionnelle aggrave les inégalités salariales  : 64 % jugent leur rémunération insuffisante, contre 49 % pour l’ensemble des salariés. Leur accès restreint aux promotions et postes bien payés renforce cette inégalité, impactant aussi leurs pensions de retraite, souvent plus faibles en raison de cotisations réduites.
Par ailleurs, une étude de l’IFOP en 2022 révèle une surexposition alarmante des femmes handicapées aux violences physiques et sexuelles. Près d’une femme en situation de handicap sur quatre (23 %) a subi des violences conjugales, contre 15 % pour l’ensemble des femmes et 13 % pour les hommes handicapés. Concernant les violences sexuelles, près d’une sur cinq (16 %) a été violée, soit une proportion nettement supérieure à celle des femmes en général (9 %) et des hommes handicapés (9 %). Ces chiffres soulignent la vulnérabilité accrue des femmes en situation de handicap face aux violences.

Un appel à l’action

A l’occasion du 8 mars 2025, journée internationale des droits des femmes, FO Com réaffirme que l’égalité entre les femmes et les hommes, que vous soyez en situation de handicap ou non, est un enjeu de justice sociale qui ne peut plus attendre. Pour combattre efficacement ladite double peine, il est indispensable de mettre en place des politiques publiques inclusives, de produire des statistiques genrées pour mieux comprendre et traiter les inégalités et de déconstruire les stéréotypes persistants. L’engagement pour l’égalité des femmes en situation de handicap n’est pas seulement une question de justice sociale, c’est un impératif pour construire une société plus inclusive, équitable et respectueuse de la dignité de chacun. Chaque pas vers leur émancipation est un progrès pour l’ensemble de la société. Il est temps d’agir concrètement pour que ces femmes, trop longtemps invisibilisées, puissent pleinement exercer leurs droits et réaliser leur potentiel.

Les stéréotypes de genre : racines des inégalités femmes-hommes

stéréotypes de genreLes inégalités entre les femmes et les hommes trouvent souvent leur origine dans des stéréotypes de genre ancrés dès l’enfance. La socialisation différenciée influence les choix académiques et professionnels, restreignant l’accès des femmes à certaines filières. Ainsi, 74 % d’entre elles n’ont jamais envisagé une carrière dans les domaines scientifiques ou techniques, illustrant l’impact des normes sociales sur leur orientation.

Ces biais persistent dans le monde du travail, où les métiers restent genrés. 82 % des personnes interrogées estiment que certaines professions sont perçues comme spécifiquement masculines ou féminines, limitant la mixité et maintenant les femmes à l’écart de secteurs stratégiques comme la technologie et l’ingénierie.

Les stéréotypes de genre persistent dans le monde professionnel, alimentant un sexisme ordinaire omniprésent. Selon le rapport 2023 du Haut Conseil à l’Égalité, malgré une sensibilisation croissante, le sexisme demeure prévalent dans toutes les sphères de la société. Cette banalisation crée un « continuum de violences » qui freine l’avancement professionnel des femmes et impacte négativement leur bien-être, générant stress et risques psychosociaux.

Ces stéréotypes de genre contribuent directement aux disparités salariales. En raison de la dévalorisation des métiers souvent attribués aux femmes et de la répartition genrée des secteurs, les femmes perçoivent des salaires, en moyenne, 23,5 % inférieurs à ceux des hommes, en prenant en compte les emplois à temps partiel. Cette inégalité salariale, constitue une discrimination flagrante qui pénalise non seulement les femmes, mais également la société dans son ensemble. À titre d’exemple, respecter l’égalité de rémunération pourrait générer 5,5 milliards de cotisations supplémentaires !

À La Poste, FO Com reste pleinement mobilisée pour promouvoir l’égalité professionnelle et a joué un rôle clé dans la négociation de l’accord égalité professionnelle 2022-2025 dont voici les principales avancées obtenues :

  • Un objectif d’atteindre 40 % de femmes en groupe C, 45 % en groupe B, et 50 % en groupe A d’ici 2025.
  • Une enveloppe annuelle de 400 000 € (augmentée à 600 000 en NAO) pour éliminer les écarts de rémunération, bénéficiant ainsi à 510 personnes en 2024
  • Un renforcement de la mixité dans les métiers les plus genrés
  • Des mesures pour prévenir et combattre toute forme de violence sexiste et sexuelle au travail.
  • Des dispositifs favorisant la parentalité, tels que le télétravail pour les femmes enceintes et des formations adaptées durant la grossesse.

À l’occasion du 8 mars, Journée internationale des droits des femmes, FO Com réaffirme son engagement en faveur de l’égalité salariale ainsi que de l’égalité entre les femmes et les hommes. Mais, au-delà de cette journée symbolique, FO Com agit au quotidien pour défendre les droits de toutes les femmes !

Lutter contre les violences sexistes et sexuelles

violences sexistesUn impératif pour le travail et la société

Ces dernières années, des avancées législatives significatives ont été réalisées pour mieux combattre les violences sexistes, sexuelles, conjugales et intrafamiliales. Cependant, ces violences persistent, notamment dans le milieu professionnel où elles prennent des formes variées : agissements sexistes, harcèlement moral ou sexuel, agressions physiques et sexuelles, voire viols. Les femmes en sont les principales victimes, bien que chacun ait droit à un environnement de travail sûr et sécurisé.

Les chiffres sont préoccupants : 9 % des viols ou tentatives de viol surviennent sur le lieu de travail, et près d’un tiers des salariées précise y avoir été harcelées ou agressées sexuellement. 70 % des victimes déclarent n’en avoir jamais parlé à leur employeur, et parmi celles qui dénoncent les faits, 40 % estiment subir des conséquences défavorables, comme une mobilité forcée ou un licenciement.

Face à cette réalité, la responsabilité de l’employeur est centrale. Il lui incombe d’assurer la santé, la sécurité, notamment en mettant en place des dispositifs adaptés pour prévenir et traiter ces violences. Cela passe par des politiques de prévention, des campagnes de sensibilisation, des procédures de signalement et un suivi rigoureux des situations signalées.

Afin de soutenir les personnes victimes de violences sexistes et sexuelles, FO Com s’est mobilisée pour l’intégration de mesures concrètes dans l’accord égalité professionnelle 2022-2025 entre les femmes et les hommes. Ces mesures englobent la prévention et la lutte contre toutes formes de violence au travail et en dehors, ainsi que la lutte contre le sexisme.

Sur le plan international, des engagements notables ont été pris en 2019 en adoptant la convention n° 190 de l’OIT contre la violence et le harcèlement dans le monde du travail. Sa ratification, le 12 avril 2023, par la France représente une avancée importante. Pourtant, cette ratification reste incomplète : aucune révision majeure de la législation française n’a encore été opérée pour s’aligner pleinement sur les normes de cette convention. Il est impératif de renforcer le cadre législatif national en s’inspirant des meilleures pratiques européennes, notamment en matière de prévention, d’obligations pour les employeurs, de sanctions efficaces et de protection des victimes.

À l’occasion du 25 novembre 2024, journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, FO Com réitère son engagement à lutter contre toutes les formes de violences, qui ne doivent jamais être considérées comme une fatalité. Les éradiquer au travail permet de protéger les victimes, de favoriser l’égalité entre les femmes et les hommes et de changer durablement notre société.

Ne restez pas seul(e), parlez-en ! FO Com est à vos côtés pour vous aider et vous accompagner.

Handicap et emploi

Des progrès visibles, mais des obstacles persistants

L’égalité repose sur une idée forte : chacun est différent. Il est crucial de garantir l’égalité des droits, de respecter la dignité de chaque individu et de lutter activement contre toutes les formes de discrimination, en particulier celles liées au handicap, qui demeure le premier motif de discrimination en 2023. Cependant, pour que cette égalité dépasse le cadre des textes de loi, elle doit se traduire dans les faits. Cela implique de transformer l’égalité formelle en une égalité concrète, notamment dans le domaine de l’emploi des personnes en situation de handicap. Mais où en sommes-nous aujourd’hui ?

Emploi des travailleurs handicapés en France en 2023

D’après le rapport de la Direction de l’Animation de la Recherche, des Études et des Statistiques (DARES), publié en novembre 2024, 674 400 travailleurs handicapés étaient employés en 2023 dans 112 300 entreprises soumises à l’obligation d’emploi des travailleurs handicapés (OETH). Le taux d’emploi direct s’élève à 4,7 %, grâce notamment à la survalorisation des salariés de 50 ans et plus (sans cette mesure, ce taux serait de 3,6 %), marquant une progression marginale de 0,01 % par rapport à 2022. Pourtant, la loi impose un objectif de 6 %, un seuil rarement atteint.

Il convient de noter que le taux de BOE (Bénéficiaire de l’Obligation d’Emploi) varie significativement d’un secteur à l’autre. Par exemple, dans le secteur de l’information et de la communication, le taux d’emploi direct majoré est de 3 %, tandis qu’il atteint 3,6 % dans la construction et 5,5 % dans l’industrie.

Et à La Poste ?

Fin 2023, à La Poste, le taux de BOE atteignait 9,33 %, en hausse par rapport aux 8,77 % de 2022, avec un effectif de 14 000 postiers en situation de handicap.

L’entreprise a dépassé ses objectifs de recrutement avec 199 embauches BOE, dépassant son objectif initial de 130 (+69 recrutements par rapport à 2022). Parmi ces embauches, 104 contrats ont été signés en CDI, principalement sur des postes de facteurs (54 %) et de chargés de clientèle (20 %). Les 26 % restants concernent divers métiers comme directeur de secteur, concepteur développeur, responsable de projet RH, assistant de service social ou encore infirmier SST.

Ce taux de BOE tient compte également d’une hausse des titres de reconnaissances de la qualité de travailleur handicapé (RQTH), avec 1 076 nouvelles reconnaissances en 2023 contre 964 en 2022. En revanche, les renouvellements de titres ont légèrement baissé, passant de 1 081 en 2022 à 1 048 en 2023.

Cependant, ces résultats ne doivent pas occulter des problématiques persistantes, comme la hausse continue des licenciements pour inaptitude chez les salariés BOE (331 contre 237 en 2022) et les départs à la retraite pour invalidité chez les fonctionnaires qui indiquent que le taux d’emploi élevé d’une entreprise n’est pas forcément synonyme  d’une bonne inclusion des personnes en situation de handicap.

A l’occasion de la Semaine européenne pour l’emploi des personnes en situation de handicap, qui se déroule du 18 au 24 novembre 2024, FO Com met en lumière le chemin qu’il reste à parcourir pour atteindre une réelle égalité des chances. Toujours mobilisés, nous poursuivons nos actions pour défendre, négocier et intervenir, tant sur le terrain qu’au sein des instances, en faveur de l’insertion et du maintien dans l’emploi des personnes en situation de handicap.