Diversité

Les violences au travail ne sont pas une fatalité

À l’occasion de la Journée internationale du 25 novembre, FO Com réaffirme que la lutte contre les violences faites aux femmes au travail demeure un enjeu majeur. En effet, malgré les avancées législatives, les violences sexistes et sexuelles restent massives et en grande partie invisibilisées.

Pourtant, l’employeur a l’obligation de mettre en œuvre des actions de sensibilisation, de garantir l’existence d’un dispositif d’alerte et de protéger les victimes contre toute forme de violences. Les chiffres sont alarmants : 9 % des viols ou tentatives de viol ont lieu sur le lieu de travail et 30 % des salariées déclarent y avoir déjà été harcelées ou agressées sexuellement. Pourtant, 70 % des victimes n’en parlent jamais à leur employeur. Et lorsque les faits sont signalés, 40 % des femmes rapportent que la situation s’est retournée contre elles, allant parfois jusqu’à une mobilité forcée ou un licenciement.

Ces violences ont de lourdes conséquences : six salariées sur dix en subissent les effets sur leur santé mentale, leur confiance en elles ou leur carrière (changement d’emploi, isolement, tensions psychologiques). Cependant, seules 2 % des victimes portent plainte, freinées par la peur de représailles, le manque de soutien et la minimisation des faits. Ces constats rappellent l’urgence de prévenir, de reconnaître et de traiter les violences sexistes et sexuelles au travail. Chacun a droit à un environnement professionnel sûr et respectueux.

Dans ce contexte, à La Poste, FO Com s’est fortement mobilisée au cours de la dernière négociation. L’accord Égalité professionnelle 2025-2027 renforce l’action contre toutes les discriminations, les stéréotypes de genre, le sexisme, le harcèlement et les violences, tout en poursuivant les démarches en faveur de l’inclusion. FO Com a notamment obtenu la reconduction des actions de sensibilisation, ainsi que des dispositifs d’accompagnement des victimes de violences familiales, incluant le soutien des assistants sociaux et la diffusion élargie des contacts d’urgence.

Lutter contre les violences au travail, c’est défendre l’égalité, la dignité et la sécurité de toutes et tous. FO Com continuera d’agir, d’alerter et d’accompagner. Briser le silence, c’est déjà commencer à se protéger. 

Handicap à La Poste : où en est-on ?

À l’occasion de la 29e Semaine Européenne pour l’Emploi des Personnes Handicapées (SEEPH 2025), placée sous le slogan « Handicaps et emploi : l’égalité pour toutes et tous », FO Com appelle La Poste à transformer les engagements en réalités pour tous les postiers en situation de handicap. Assez des beaux discours !

La Poste se félicite de ses chiffres : 9,76% de taux BOE en 2024, 14 000 postiers concernés, 1 688 télétravailleurs BOE, plus de 1 790 aménagements de poste et 40 millions d’euros d’achats auprès des secteurs adaptés et protégés… Pourtant, FO Com refuse de s’en tenir à ces indicateurs. Derrière cette vitrine flatteuse se cache une réalité bien plus dure : l’inclusion ne se résume pas à des chiffres, mais au maintien effectif dans l’emploi des postiers en situation de handicap.

Sur le terrain, les difficultés persistent : procédures de reclassement inefficaces, communication insuffisante, moyens humains limités, manque d’anticipation dans les réorganisations, reclassements interbranches impossibles. Trop souvent, les Commissions de Retour et de Maintien dans l’Emploi (CRME) n’apportent pas de solutions concrètes, laissant des agents isolés ou contraints de quitter l’entreprise. En 2024, 366 licenciements pour inaptitude ont encore été prononcés, autant de parcours brisés.

La négociation handicap ouverte le 23 septembre 2025 est une étape décisive à l’approche de la fin de l’accord agréé. FO Com y défend des revendications fortes pour garantir un maintien dans l’emploi digne et durable.

FO Com dénonce une approche du handicap trop administrative et comptable des situations et exige des avancées concrètes :

    • Le maintien dans l’emploi doit rester la priorité centrale de l’accord.
    • Chaque postière et chaque postier doivent être pleinement informés et accompagnés à chaque étape de leur parcours.
    • Le réseau des référents handicap de proximité, territoriaux et syndicaux, doit être préservé et renforcé.
    • Les moyens dédiés au reclassement interbranches doivent être enfin attribués, car inexistants à ce jour.
    • Des recrutements ambitieux doivent être engagés
    • Une meilleure connaissance de la fibromyalgie doit être développée auprès des services de prévention, de santé au travail, des managers et de la filière RH…

Derrière les chiffres, ce sont des vies et des carrières qui se jouent. FO Com reste vigilante et mobilisée pour défendre, sans concession, la dignité, l’égalité, quel que soit son handicap, et les droits de toutes et tous les postiers en situation de handicap.

Movember : agir pour la santé masculine au travail

Chaque mois de novembre, la campagne Movember rappelle l’importance de la santé masculine, un sujet encore trop souvent entouré de tabous. En tant qu’organisation syndicale engagée pour la santé et l’égalité au travail, nous affirmons que la prévention des maladies masculines doit pleinement s’inscrire dans les politiques de santé au travail. Briser le silence autour de ces questions constitue une étape essentielle pour faire progresser la prévention.

En France, le cancer de la prostate touche près de 60 000 hommes chaque année, faisant de lui le premier cancer chez l’homme. Le cancer des testicules, bien que plus rare, reste le plus fréquent chez les jeunes hommes de 15 à 35 ans. Malgré ces chiffres préoccupants, la prévention demeure insuffisante et le dépistage intervient encore trop souvent tardivement.

Face à ce constat, il est temps que la santé masculine ne soit plus reléguée au second plan. Notre mobilisation a d’ailleurs porté ses fruits : l’accord relatif à l’Égalité professionnelle entre les postières et les postiers 2025-2027, signé par notre organisation syndicale, intègre désormais des actions de communication dédiées à la santé masculine.

Parce que la santé des hommes, comme celle des femmes, n’a pas de prix, FO continuera à revendiquer des moyens et une véritable culture de prévention, accessible à toutes et à tous.

Octobre rose

Dans le cadre de la 32e édition d’Octobre rose, FO rappelle que la prévention du cancer du sein ne doit pas se limiter à des rubans symboliques. Trop de femmes font face à des délais de dépistage trop longs, à des parcours de soins inégaux et à des conditions de travail qui fragilisent leur santé. FO alerte notamment sur le fait que le travail de nuit, les horaires atypiques et certains facteurs professionnels augmentent le risque de cancers, en particulier du sein.

Chaque année, selon Santé publique France, plus de 61 000 nouveaux cas de cancer du sein sont diagnostiqués, ce qui en fait le cancer le plus fréquent chez la femme. La détection précoce est essentielle, car elle permet de guérir 9 cas sur 10. Pourtant, le taux de participation aux campagnes de dépistage organisées reste faible, avec seulement 46,5 % des femmes concernées en France. Cette réalité montre la nécessité d’une meilleure information, mais aussi d’une véritable intégration des conditions de travail dans les politiques de prévention.

C’est dans ce sens que, lors du dernier accord sur l’égalité professionnelle 2025 – 2027, FO a revendiqué et obtenu l’inscription d’une campagne de sensibilisation concrète, telle qu’Octobre Rose, rappelant que la santé globale des personnels – physique comme mentale – doit être une priorité. Pour FO, la santé au travail n’est pas une variable d’ajustement, mais un droit fondamental qui exige des moyens réels.

Le 6 octobre : journée nationale des aidants

Être aidant n’est pas un choix ! Connaître ses droits est une nécessité

En France, 8 à 11 millions de personnes apportent régulièrement un soutien à un proche en situation de perte d’autonomie, de handicap ou atteint d’une maladie grave. Parmi elles, plus de 4,5 millions cumulent ce rôle avec une activité salariée – une réalité grandissante avec le vieillissement de la population.

À La Poste, fin 2024, près de 5 000 agents se sont déclarés aidants, conciliant leur engagement familial et leurs obligations professionnelles.

Et si c’était vous ?

Être aidant, c’est assumer, sans statut professionnel, un accompagnement souvent exigeant, qu’il soit  partiel ou total, temporaire ou permanent, incluant soins, démarches administratives, soutien psychologique, organisation de la vie quotidienne… Des responsabilités qui pèsent autant dans la sphère privée que dans la vie au travail.

Dans ce contexte, il est essentiel que chaque agent connaisse et fasse valoir ses droits. FO Com, au travers de l’action syndicale, a contribué à la négociation et à l’obtention de nombreuses avancées structurantes en faveur des agents aidants, notamment :

  • Un droit élargi aux autorisations spéciales d’absence (ASA) : En plus des 3 ASA de base, 1 ASA « aidant » supplémentaire par aidé et par an (un postier aidant qui accompagne 3 personnes peut bénéficier de 3 ASA + 2 ASA à compter du 2e aidé). Fin 2024, 3 390 ASA ont été accordées à 1 769 agents.
  • Une meilleure conciliation vie professionnelle / vie personnelle : horaires adaptés, télétravail possible au domicile du proche aidé, mobilité facilitée sous 3 mois même si l’agent aidant est récent sur le poste.
  • L’assouplissement des règles d’obtention des « jours de repos aidants » : reconduction annuelle du fonds national de solidarité de La Poste, permettant d’accorder jusqu’à 30 jours par an, renouvelables deux fois pour un même événement. En 2024, ce dispositif a permis d’attribuer près de 924 jours à 35 bénéficiaires.

Pour bénéficier de ces droits (hors don de jours), il est nécessaire de faire valoir son statut d’aidant en se procurant le certificat d’aidant auprès du guichet des Aidants au 01 78 16 14 27 du lundi au vendredi, de 8 h 30 à 18 h 30, heures locales de métropole.
Bon à savoir : À compter du 1er janvier 2026, le guichet des aidants évoluera. De nouvelles mesures organisationnelles seront mises en place afin d’accompagner les postières et les postiers aidants, tant dans leurs démarches administratives que dans la recherche de solutions adaptées à leur situation.

Pourtant, malgré l’augmentation progressive du nombre d’agents déclarés, encore trop de postières et postiers ignorent l’existence de ces dispositifs et des droits qui y sont associés.

C’est pourquoi, vos représentants FO Com locaux se tiennent à votre disposition pour vous informer, vous accompagner dans vos démarches et défendre vos intérêts.

FO Com reste pleinement engagée et déterminée à faire progresser les droits de toutes celles et tous ceux qui assument ce rôle essentiel d’aidant.