Diversité

Inégalité salariale : cette réalité sociétale n’épargne pas les postières

Inégalité salarialeUne récente étude européenne a posé la question de l’inégalité dans la rémunération et plus précisément en ce qui concerne la rémunération liée aux performances. Tout d’abord cette dernière a tendance à se développer partout dans l’Union Européenne mais plus précisément dans les grandes entreprises, parmi les tranches supérieures de rémunération, dans certains secteurs, pour un travail à temps plein et bénéficiant aux hommes.

La rémunération liée à la performance étant en pleine croissance, les décideurs politiques européens ont collecté des données, cherché les causes et sensibiliser sur ce point. Certes, se sont mis en place des dispositions légales et des amendements aux conventions collectives ont été proposés.

Aujourd’hui, l’écart de rémunération entre les hommes et les femmes dans l’UE reste important (14,1%) et a à peine diminué de moins de deux points ces dix dernières années. Selon l’étude Zwysen en 2021, cette rémunération liée aux performances lie le salaire à la performance individuelle, permet une plus grande flexibilité et génère un paquet salarial plus attractif et donc une plus grande différenciation entre les travailleurs. Nous sommes passés en Europe de moins de 20% des travailleurs en 2000 à presque un tiers en 2015.

Les femmes sont moins susceptibles de percevoir une rémunération liée aux performances car elles occupent des emplois selon les secteurs différents de ceux des hommes. Elles sont plus souvent positionnées sur des emplois à temps partiel et sur des contrats temporaires, dans des petites entreprises et dans les services publics où les femmes sont plus fortement représentées. Et dans le cas où les femmes bénéficient de primes liées à la rémunération liée à la performance, celles-ci sont quatre fois ou plus élevées pour les hommes !

Certes l’article 4 de la directive 2006/54/CE interdit toute discrimination directe ou indirecte sur le sexe en ce qui concerne tous les aspects de la rémunération. Cela étant, la réalité est que nous sommes confrontés à de la discrimination indirecte (affaire 96/80 Jenkins ou 170/84 Bilka-Kaufhaus). De même, il existe une obligation de procéder à une évaluation conjointe des rémunérations lorsque les rapports révèlent un écart entre les sexes de plus de 5%.

Alors que font (ou pas) les entreprises comme La Poste ? Des statistiques sont réalisées faisant apparaître des écarts de rémunération moyenne notamment chez les cadres et ingénieurs de 5 à 7.5% (CDSP du 25 février 2022) selon les tranches d’âge mais après application d’un seuil de pertinence et d’une pondération, l’écart n’est plus que de 0,19%… Cette année, le Groupe a débloqué 400K€ pour l’égalité entre les femmes et les hommes : 109 femmes se sont vues augmentées au retour de leur congé maternité et trois femmes font partie des 10 plus hautes rémunérations du Groupe et ? Il subsiste toujours des inégalités salariales pour les femmes.

Les femmes dans l’UE gagnent en moyenne, près de 13% de moins que leurs collègues masculins. Les différences varient fortement d’un pays à l’autre : en 2020, le plus grand écart de rémunération entre hommes et femmes a été enregistré en Lettonie (22,3%), tandis que le pays avec l’écart de rémunération le plus faible est le Luxembourg avec 0,7%. La France est toujours à 15,8% alors à quand un vrai changement ?

Objectif 8 mars: en route vers l’égalité professionnelle

En 1791, Olympe de GOUGES écrit la « Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne ». Il fallait oser ! Depuis, les siècles ont été ponctués de combats féministes pour les droits des femmes et l’égalité entre les sexes : création obligatoire d’écoles des filles dans les communes de plus de 800 habitants (loi Falloux) en 1850, suppression de la notion de salaire féminin en 1946 ou encore, loi pour l’égalité réelle entre les hommes et les femmes en 2014. En évoquant cette dernière date, on ne peut que constater qu’il y a encore du chemin à faire. Parmi les nombreux combats, deux reviennent régulièrement sur le devant de la scène : les violences et l’égalité professionnelle.

Combattre les violences faites aux femmes !

Ce sont les femmes qui sont particulièrement victimes de violences, de sexisme, de harcèlement y compris sur le lieu de travail. Selon le bilan provisoire de la délinquance réalisé par le service statistique du ministère de l’intérieur, les signalements de violences sexuelles enregis­trés par les services de police et gendarmerie ont augmenté de 33 % en 2021. Le dépôt de plainte reste encore minoritaire dans ces types de faits. On dénombre hélas 113 féminicides en 2021.

Ces violences inacceptables sont aussi des obstacles à l’égalité. La confédération FO se mobilise sans relâche pour lutter contre toutes ces formes de violences et leurs impacts dans le monde du travail.

Où en est l’égalité professionnelle ?

Selon le collectif féministe « Les Glorieuses », l’écart de rémunération entre les hommes et les femmes qui avait légèrement diminué de 2018 à 2020 a rebondi pour atteindre 16,5 % en 2021, en partie en raison de la crise sanitaire. Ce constat est identique à l’échelle européenne.

A La Poste, depuis de nombreuses années les postiers sont aussi des postières. Les effectifs globaux du Groupe en 1978 étaient féminins à 37% seulement, rappelons que l’ouverture des concours aux femmes ne s’est faite qu’en 1972 ! Depuis, la parité a lentement progressé vers l’équilibre et l’a même dépassé en 2020 où les postières représentent désormais 52 % des effectifs de La Poste.

Concernant l’écart de rémunérations, La Poste mobilise chaque année un budget négocié pour réduire les inégalités salariales. En 2019, 370 femmes ont pu bénéficier d’une enveloppe de 300 K€ et les années suivantes, 400 K€ sont consacrés chaque année à cette mesure de rééquilibrage salarial.

Le combat syndical ?

Nous devons chaque jour et à chaque niveau de l’organisation syndicale lutter contre les inégalités de rémunération et les inégalités de promotions. Nous devons lutter ensemble contre les stéréotypes et les discriminations, contre les violences sexistes et sexuelles au travail.

Nous devons être vigilants sur le terrain de la bonne application des accords et des process qui garantissent la protection de tous en matière d’égalité, en particulier sur celui signé par FO Com en 2019, le 4ème accord relatif à l’égalité entre les hommes et les femmes. Négocier, militer pour l’égalité professionnelle est inhérent à notre combat syndical qu’il soit local, national, européen ou mondial.

Le 8 mars n’est pas un « marronnier », une date qui revient telle l’hirondelle au printemps, mais bien un moyen de rappeler que l’égalité entre les hommes et les femmes est un combat de chaque jour. Faisons de chaque jour un 8 mars !

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FO soutient la déconjugalisation de l’Allocation aux Adultes Handicapés (AAH)

déconjugalisationQuelques jours après le rejet par l’Assemblée Nationale d’une nouvelle proposition de loi visant à la déconjugalisation de l’Allocation Adulte Handicapé (AAH), le Sénat a rétabli de son côté une disposition allant dans le sens de l’individualisation.

FO considère que la déconjugalisation va dans le sens de la considération due à chaque individu en répondant à un juste droit à la dignité et à l’autonomie des personnes en situation de handicap.

Aujourd’hui, le prix à payer pour les personnes bénéficiaires de l’AAH vivant en couple, est celui de la dépendance financière à leur conjoint ou conjointe.

Rappelons que cette mesure est une demande de longue date à laquelle sont associés le CNCPH (Conseil National Consultatif des Personnes Handicapées), les associations ainsi que la CNCDH (Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme), cette dernière venant d’adopter, à l’unanimité, un avis réclamant cette déconjugalisation et un relèvement de son montant.

6 octobre – Journée nationale des aidants -12e édition –

aidantsAidance à La Poste – Des dispositifs encore méconnus

La France compte plus de 11 millions d’aidants qui viennent en aide, à titre non professionnel, en partie ou totalement, à une personne de leur entourage proche, dépendante, handicapée ou gravement malade, pour assurer les activités de la vie quotidienne. Cette aide régulière, permanente ou non, concernant les soins, les démarches administratives, le soutien psychologique, les activités domestiques…, peut se dérouler au domicile du proche aidé ou de l’aidant.

Aujourd’hui, près des 2/3 des aidants travaillent et le nombre de salariés aidants ne cesse de croître face au vieillissement de la population. C’est l’ensemble de la société qui est concerné et doit se mobiliser, particulièrement dans le monde du travail. Il est certain que les contraintes de l’aidant ne s’arrêtent pas aux portes de son entreprise. Il est donc urgent d’offrir une aide plus concrète à celles et ceux consacrant une grande partie de leur existence à aider un ou plusieurs proches dans la difficulté. Encore trop peu d’entreprises inscrivent l’aidance dans leur politique des ressources humaines !

Qu’en est-il à La Poste ?

Sous l’impulsion de FO Com pour qu’une politique sociale soit mise en place en faveur des aidants, un accord relatif à une meilleure articulation entre la vie professionnelle et personnelle des postières et des postiers aidants a été négocié en 2018. Cet accord propose, pour la première fois, des mesures concrètes concernant la facilitation de l’organisation du temps de travail (aménagement horaire, accès à un temps partiel, …), l’accompagnement dans la mobilité géographique, de meilleures modalités de télétravail et la création de 3 jours d’Autorisation Spéciale d’Absence (957 jours accordés en 2020).

Étant arrivées à échéance en septembre dernier, ces dispositions sont reconduites jusqu’à fin de l’année 2022 sous forme d’un avenant signé par FO Com. Le bénéfice de ces mesures est conditionné à l’obtention du certificat des aidants, disponible en appelant le guichet des aidants de La Poste au n° 017 816 14 27.

Cette offre est complétée par le dispositif de don de jours de solidarité (hors certificat des aidants) qui attribue des jours de congés aux postières ou postiers aidants. En 2020, 1894 jours dont 894 versés par les postiers ont alimenté le fonds de solidarité créé par l’accord. 25 agents ont pu en bénéficier, contre 30 en 2019.

Enfin, en plus de ces mesures, des prestations sociales viennent aussi répondre à leurs besoins, tels qu’une majoration d’une demi-part pour le calcul du quotient familial, l’aide au répit, les offres de la Silver économie, la formation aux gestes et postures… D’autres acteurs (MG, AFEH, APCLD…) peuvent également être sollicités à ce titre.

Aujourd’hui encore, trop peu de postiers connaissent les dispositifs en faveur de l’aidance. Pour plus d’informations, n’hésitez pas à vous rapprocher de vos représentants FO locaux.

Congé de paternité et de l’accueil de l’enfant : les nouveautés applicables depuis le 1er juillet 2021

conge_paterDepuis le 1er juillet 2021, à la naissance d’un enfant, le père ou le second parent bénéficie désormais d’un congé de paternité et d’accueil de l’enfant de 25 jours (contre 11 jours auparavant) et de 32 jours en cas de naissance multiple (contre 18 jours auparavant). À cette période, s’ajoute également les 3 jours de congé de naissance ce qui porte la durée totale du congé à 28 et à 35 jours.

Autre nouveauté, ce congé est composé d’une partie obligatoire de 4 jours pris directement à la suite du congé de naissance et d’une seconde partie, facultative de 21 jours (ou de 28 jours en cas de naissances multiples), prise dans les 6 mois suivant la naissance contre 4 mois antérieurement. Cette dernière peut être fractionnée en deux périodes d’au moins 5 cinq jours chacune.

Pour FO, l’allongement de la durée du congé paternité permet aux pères et au second parent de mieux appréhender la venue d’un enfant. Il est essentiel pour le bien-être et le développement de l’enfant. C’est pourquoi, il est indispensable qu’il soit pris intégralement.

En 2020, 1 685 postiers ont pris ce congé avec un maintien de l’intégralité de la rémunération. Seulement, 97,2% d’entre eux (100 % en cas de naissances multiples) l’ont pris en intégralité. Il est ouvert à tous les parents, y compris aux couples homosexuels masculins (mesure de l’accord lié à l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes signé par FO le 25 juillet 2019).

Pour FO, si l’allongement de ce congé est une bonne chose pour replacer la France dans la moyenne des pays européens, cela reste insuffisant pour réellement atteindre l’égalité femme – homme.