Diversité

Handicap et emploi

Des progrès visibles, mais des obstacles persistants

L’égalité repose sur une idée forte : chacun est différent. Il est crucial de garantir l’égalité des droits, de respecter la dignité de chaque individu et de lutter activement contre toutes les formes de discrimination, en particulier celles liées au handicap, qui demeure le premier motif de discrimination en 2023. Cependant, pour que cette égalité dépasse le cadre des textes de loi, elle doit se traduire dans les faits. Cela implique de transformer l’égalité formelle en une égalité concrète, notamment dans le domaine de l’emploi des personnes en situation de handicap. Mais où en sommes-nous aujourd’hui ?

Emploi des travailleurs handicapés en France en 2023

D’après le rapport de la Direction de l’Animation de la Recherche, des Études et des Statistiques (DARES), publié en novembre 2024, 674 400 travailleurs handicapés étaient employés en 2023 dans 112 300 entreprises soumises à l’obligation d’emploi des travailleurs handicapés (OETH). Le taux d’emploi direct s’élève à 4,7 %, grâce notamment à la survalorisation des salariés de 50 ans et plus (sans cette mesure, ce taux serait de 3,6 %), marquant une progression marginale de 0,01 % par rapport à 2022. Pourtant, la loi impose un objectif de 6 %, un seuil rarement atteint.

Il convient de noter que le taux de BOE (Bénéficiaire de l’Obligation d’Emploi) varie significativement d’un secteur à l’autre. Par exemple, dans le secteur de l’information et de la communication, le taux d’emploi direct majoré est de 3 %, tandis qu’il atteint 3,6 % dans la construction et 5,5 % dans l’industrie.

Et à La Poste ?

Fin 2023, à La Poste, le taux de BOE atteignait 9,33 %, en hausse par rapport aux 8,77 % de 2022, avec un effectif de 14 000 postiers en situation de handicap.

L’entreprise a dépassé ses objectifs de recrutement avec 199 embauches BOE, dépassant son objectif initial de 130 (+69 recrutements par rapport à 2022). Parmi ces embauches, 104 contrats ont été signés en CDI, principalement sur des postes de facteurs (54 %) et de chargés de clientèle (20 %). Les 26 % restants concernent divers métiers comme directeur de secteur, concepteur développeur, responsable de projet RH, assistant de service social ou encore infirmier SST.

Ce taux de BOE tient compte également d’une hausse des titres de reconnaissances de la qualité de travailleur handicapé (RQTH), avec 1 076 nouvelles reconnaissances en 2023 contre 964 en 2022. En revanche, les renouvellements de titres ont légèrement baissé, passant de 1 081 en 2022 à 1 048 en 2023.

Cependant, ces résultats ne doivent pas occulter des problématiques persistantes, comme la hausse continue des licenciements pour inaptitude chez les salariés BOE (331 contre 237 en 2022) et les départs à la retraite pour invalidité chez les fonctionnaires qui indiquent que le taux d’emploi élevé d’une entreprise n’est pas forcément synonyme  d’une bonne inclusion des personnes en situation de handicap.

A l’occasion de la Semaine européenne pour l’emploi des personnes en situation de handicap, qui se déroule du 18 au 24 novembre 2024, FO Com met en lumière le chemin qu’il reste à parcourir pour atteindre une réelle égalité des chances. Toujours mobilisés, nous poursuivons nos actions pour défendre, négocier et intervenir, tant sur le terrain qu’au sein des instances, en faveur de l’insertion et du maintien dans l’emploi des personnes en situation de handicap.

Santé : endométriose et travail

L’endométriose, définie par la Sécurité sociale comme « une maladie gynécologique, inflammatoire et chronique fréquente », touche, en France, entre 1,5 et 2,5 millions de femmes en âge de procréer, soit 1 femme sur 10. Le diagnostic de cette pathologie très douloureuse est souvent tardif : il peut prendre entre 7 et 10 ans, ce qui rend la gestion quotidienne de la maladie particulièrement complexe.

Pour toutes les femmes atteintes, l’endométriose a un impact significatif sur la vie professionnelle. En effet, 65 % d’entre elles rapportent que la maladie affecte négativement leur travail, compromettant ainsi leur qualité de vie professionnelle. Selon l’enquête EndoVie, la souffrance physique, souvent exacerbée par des positions statiques ou prolongées, ainsi que la fatigue chronique, réduisent leur concentration et leur capacité à accomplir leurs tâches pour 53 % d’entre elles. Ces symptômes peuvent également influer sur leur humeur, provoquant de l’irritabilité, ce qui peut entraîner des incompréhensions au sein des équipes de travail, voire un isolement social. À cela, s’ajoutent pour certaines d’entre elles des arrêts maladie fréquents. Ces difficultés, tant physiques qu’émotionnelles, limitent les opportunités d’évolution professionnelle et, dans les cas les plus graves, peuvent rendre le maintien dans l’emploi difficile.

Face à ces constats, FO Com souligne l’importance de mieux intégrer la dimension de genre dans le domaine de la santé et de la sécurité au travail. Sans cette prise en compte, les problèmes de santé spécifiques aux femmes, comme l’endométriose, sont négligés, accentuant ainsi les inégalités professionnelles entre les femmes et les hommes. C’est pourquoi, FO Com s’engage sur ce sujet, encore rarement abordé dans les accords sur l’égalité professionnelle, en mettant en avant la nécessité de préserver la santé des femmes sur leur lieu de travail. Dans l’accord égalité professionnelle 2022 – 2025, FO Com a obtenu de La Poste l’engagement de sensibiliser les ressources humaines et la ligne managériale aux difficultés que les rythmes biologiques peuvent avoir sur la santé. Toutefois, cet engagement est perçu comme une première étape. Il est essentiel que La Poste aille encore plus loin dans ce domaine et s’engage de manière plus ambitieuse.

En particulier, FO Com insiste sur l’importance de changer le regard sur l’endométriose, cette pathologie invisible, mais dont les conséquences peuvent constituer un véritable handicap pour les femmes qui en souffrent. À ce titre, les femmes concernées peuvent solliciter une Reconnaissance de la Qualité de Travailleur Handicapé (RQTH) auprès de la Maison Départementale des Personnes Handicapées (MDPH). Cette démarche, bien que personnelle et volontaire, peut permettre, une fois portée à la connaissance de l’employeur, de bénéficier d’aménagements adaptés. Le médecin du travail peut préconiser des recommandations comme la flexibilité des horaires, la possibilité de télétravailler ou encore l’installation de postes de travail ergonomiques, etc. afin de réduire l’impact des symptômes sur la vie professionnelle.

Ne restez plus isolée, n’hésitez pas à en parler !

Le 6 octobre : journée nationale des aidants

aidantsOn estime le nombre d’aidants à 10 Millions en France. Les postières et les postiers sont aussi concernés. Aujourd’hui, plus de 5000 collègues sont reconnus aidants à La Poste.

Vous l’êtes peut-être aussi !

Si vous venez en aide, à titre non professionnel, en partie ou totalement, de façon permanente ou non, à un proche dépendant, handicapé ou malade, quel que soit son âge, vous êtes concernés ! Cette aide régulière peut consister en soins, démarches administratives, soutien psychologique, activités domestiques … au domicile du proche aidé ou à votre domicile.

Alors ne restez pas seul ! Faites valoir vos droits ! FO Com s’est investie pour le développement d’offres et prestations. Une partie du budget social est dédié à l’aide aux aidants avec notamment :

  • Des Chèques Emploi Service Universel (CESU)

Les aidant(e)s peuvent demander le nombre de titres dont ils ont besoin dans la limite du préfinancement de La Poste (fixé à 1 830 €/agent), pour payer l’ensemble des prestataires d’aide à la personne.

  • Bonification du nombre de part fiscale pour le calcul du Quotient Familial

Les détenteurs du certificat d’aidant bénéficient d’une demi-part supplémentaire dans le calcul du Quotient Familial (QF = Revenu fiscal de référence / Nombre de parts fiscales) pour l’obtention de chèques vacances et des CESU notamment.

  • Bonification de l’Offre Sport et Activités Culturelles

Le montant maximal de l’aide « Offre Sport et Activités Culturelles »* est de 100 € pour les détenteurs du certificat d’aidant, pour les Bénéficiaires d’une Obligation d’Emploi (BOE) et pour les enfants (à charge de postiers) en situation de handicap.

*Participation financière pour la pratique annuelle d’un sport et/ou d’une activité culturelle, pour les postiers permanents, retraités, et leurs ayants droit.

  • Une prestation d’aide au répit

Dans la limite de douze jours par an, la prestation du COGAS « aide au répit », est accordée en fonction du QF, aux aidant(e)s et couvre : la prise en charge dans une résidence spécialisée avec hébergement, la prise en charge par un accueil de jour sans hébergement, la prise en charge par l’aidant sur son lieu de vacances habituel (coûts supplémentaires liés à la présence de l’aidé(e)).

  • Et bien d’autres dispositifs encore:

Formation aux gestes et postures par l’UNASS, conseil auprès du Guichet des aidants et des associations de La Poste, aide financière pour le diagnostic du logement par une ergothérapeute, des réductions sur des produits de la Silver Economie, etc…

Alors pour vous informer, obtenir votre certificat d’aidant, n’hésitez pas :

Contactez le Guichet Aidant Familial – 01 78 16 14 27 (accessible du lundi au vendredi, de 8h30 à 18h30 – heures locales de métropole)

Si vous avez besoin d’aide, contactez votre représentant local FO Com ou l’adresse social.focom@fo-communication.fr

FO Com renforce son engagement envers les aidants

Les points clés du nouvel accord 2024 – 2026

Soutenir les aidants dépasse les simples enjeux sociétaux ou les initiatives RH visant à améliorer la communication en entreprise. Pour FO, c’est un véritable combat syndical, ancré dans ses valeurs de progrès et de justice sociale.

Alors que l’accord de 2018 arrivait à son terme, la détermination de FO a permis de renforcer la politique sociale en faveur des aidants. Dans cette continuité, FO a signé, le 11 juillet 2024, le 2e accord visant à améliorer l’articulation entre vie professionnelle et personnelle des postiers aidants et a obtenu des mesures concrètes.

Pour en savoir plus [Lire le tract]

Accord Aidants 2024-2026

aidantsFO signe pour renforcer les droits des postiers aidants

Près d’un salarié sur quatre sera un proche aidant en 2030. L’aidance ne s’arrêtant pas aux portes de l’entreprise, La Poste a une nécessité d’avoir une politique volontariste en vue de mieux concilier vie personnelle et vie professionnelle de ses postiers aidants. Pour FO, accompagner les aidants est beaucoup plus qu’une question sociétale ou qu’un axe de développement RH pour la communication de l’entreprise. C’est avant tout un combat syndical majeur qui est au cœur de nos valeurs de progrès et de justice sociale.

L’accord de 2018 arrivant dans quelques mois à son terme, notre opiniâtreté a permis de renforcer la politique sociale de soutien aux aidants. FO signe le 2e accord visant à améliorer l’articulation entre vie professionnelle et personnelle des postiers aidants. Nous avons revendiqué et obtenu plusieurs avancées concernant l’organisation du temps de travail, dont voici un extrait :

  • L’octroi de 3 ASA + une ASA supplémentaire par aidé pour répondre à la multi-aidance.
  • La possibilité pour les postiers de nuit de bénéficier de l’ASA « aidant » avant ou après un rendez-vous.
  • La prise, en urgence, d’une ASA « aidant » par an, sans préavis.
  • L’exercice possible du télétravail au domicile de la personne aidée

De plus, les modalités d’octroi du don de jours concernant les aidants apportant leur soutien à une personne atteinte d’une maladie grave, d’un handicap ou victime d’un accident d’une particulière gravité, ont été assouplies. Avant l’obtention, il n’est donc plus nécessaire :

  • de poser une partie de ses congés payés annuels
  • d’épuiser des ASA « enfant malade ». Les « jours de solidarité aidants » octroyés sont sans effet sur la prime d’équipe BSCC.

Pour les aidants ayant un compte épargne temps, ils devront prendre les jours déposés au-delà de 4 fois les obligations hebdomadaires contre 2 fois auparavant.

En cas de situations compliquées, l’aidant pourra dorénavant renouveler sa demande de dons de jours jusqu’à deux fois/an ce qui porte la possibilité d’obtenir jusqu’à 90 jours de solidarité pour 6 jours travaillés.

Enfin, FO a obtenu l’engagement de La Poste, de mettre à niveau les systèmes d’information RH postiers comme le Factéo, l’extranet, etc. afin de faciliter le don de jours de solidarité, la pose des ASA et du don de jours ainsi que de renforcer la communication à destination des postiers, de la ligne managériale, de la filière RH, du personnel de santé, etc.

Pour plus de renseignements, n’hésitez pas à vous rapprocher de vos représentants locaux. Déterminés à faire progresser les droits de celles et ceux qui aident.