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Accord « aidants » 2018 – 2023 : Un bilan encourageant, des défis persistants

aidantsLes situations vécues par les proches aidants sont très hétérogènes en fonction du type d’aide apportée, du nombre d’heures consacré par semaine, de leur âge, de la pathologie de la personne aidée, de leur situation professionnelle. Actuellement, plus de 6 aidants sur 10 ont une activité professionnelle. Cependant, trois aidants sur quatre choisissent de ne pas divulguer leur situation à leur employeur ce qui les confronte quotidiennement à divers défis comme la difficulté à concilier les temps professionnel et personnel, à s’occuper des démarches administratives chronophages et fastidieuses …

Depuis 2018, sous l’impulsion de FO, pour une vraie politique sociale de soutien aux aidants, l’accord relatif à une meilleure articulation entre la vie professionnelle et personnelle des postières et des postiers aidants propose, pour la première fois, des mesures concrètes. Elles concernent la facilitation de l’organisation du temps de travail (aménagement horaire, accès à un temps partiel, …), l’accompagnement dans la mobilité géographique, l’amélioration de modalités de télétravail et la création de 3 jours d’Autorisation Spéciale d’Absence pour les aidants. De plus, l’instauration du dispositif de don de jours de solidarité a permis d’attribuer des jours de solidarité aux postières ou postiers aidants apportant leur soutien à une personne atteinte d’une maladie grave, d’un handicap ou victime d’un accident d’une particulière gravité, rendant indispensable une présence soutenue et des soins contraignants.

Pour la période 2018-2023, des indicateurs nationaux ont été présentés lors de la commission de suivi du 26 mars 2024. Ils indiquent que La Poste a versé 5 333 jours et que les postières et les postiers donateurs ont versé 3 074 jours supplémentaires au fonds de solidarité géré par la DRH Groupe, laissant un solde de 5 555 jours de solidarité à la fin de 2023. Ainsi, pour soutenir 124 postières et postiers dans l’aidance d’un proche (Ascendant, conjoint, enfant, collatéral),  2 900 jours de solidarité ont été attribués par la commission d’attribution. Enfin, 4 412 aidants ont bénéficié de 7 848,5 jours d’Autorisation Spéciale d’Absence.

Si en 5 ans, des progrès ont été réalisés pour soutenir les aidants à La Poste, FO Com continue de militer pour améliorer leur situation. Nous réclamons, pour les aidants, une meilleure communication de La Poste vers les managers et la filière RH à destination des aidants, une simplification des démarches de renouvellement des certificats des aidants, une traçabilité des dons de jours dans le système d’information RH de gestion du temps. De plus, FO Com exige la neutralisation des jours d’Autorisation Spéciale d’Absence dans le calcul de la prime d’équipe de la BSCC. Ces questions seront abordées lors de la négociation ouverte depuis le 26 mars 2024.

Avec FO com, déterminée à faire progresser le droit de celles et de ceux qui aident.

PIC : et une autre transformation…

PICDans le cadre du schéma industriel imposé par la Branche Service Courrier Colis, nous avons appris récemment la transformation en PPDCMF de la Plateforme Industrielle Courrier Auvergne, basée à Clermont-Ferrand.

Qu’est-ce qu’une PPDCMF ? Une Plateforme de Préparation et Distribution du Courrier Multi-Flux est une structure qui traitera le courrier, les colis, la presse et les activités logistiques comme Log’issimo.

Les conséquences pour les agents seront lourdes et entraineront un fort impact pour les agents de la PIC avec un changement d’activité, disparition des équipes de nuit et les effectifs qui vont se réduire sensiblement (au-delà de 50%). La PIC traitait le tri et l’acheminement du courrier dans six départements (Allier 03, Cantal 15, Haute Loire 43, Puy de dôme 63, Corrèze 19 et Creuse 23).

La PIC de Saint-Priest (69) va récupérer le trafic de l’Allier et du Puy de dôme, la PIC de Mauguio (34) le Cantal et la Haute Loire et la PIC de Cestas (33) la Corrèze et la Creuse. L’activité va progressivement se déplacer dans le courant du second semestre 2025 et un démontage des machines à la même période va être programmé pour une restructuration complète le 1er janvier 2026.

Com sera au plus près de tout le personnel et négociera le meilleur pour un accompagnement social et financier à hauteur de l’impact de cette transformation et sera vigilante pour que chaque agent qui souhaite s’orienter vers une mobilité interne ou inter-branche puisse obtenir son souhait initial.

Festival de bonheur à la BGPN ?

Jusque sur les bancs de l’Assemblée Nationale, on peut entendre que les postiers vont bien. En effet, alors que nous étions un lendemain de grève, Philippe Wahl, lors de son audition par la Commission des Affaires Économiques le 3 avril a bien souligné que pour les 140 000 postiers qui ont répondu au baromètre d’engagement la qualité de vie au travail a progressé. Il a bien insisté en disant que ce nombre de répondants était supérieur au nombre de grévistes de la veille.

Pour la BGPN, l’analyse de ce baromètre présenté aux organisations syndicales le 28 mars, démontre que la Branche affiche de meilleurs résultats que l’année dernière et également de meilleurs résultats que le Groupe La Poste. La BGPN est déjà très fière de présenter un taux de participation de 73 % relativement stable et toujours élevé.

S’il est une question qui résume bien l’ensemble du questionnaire c’est la suivante : recommanderiez- vous à un proche de venir travailler à la BGPN ? 69% des réponses se situent entre 6 et 10/20. Pour le Groupe c’est 61% et en 2022 c’était 62. Bien évidemment, ces chiffres ne sont que des moyennes mais il semble bien que nous, les organisations syndicales, ne rencontrions que des cas particuliers qui se situent bien en deçà de ces pourcentages. Rappelons que la BGPN et ses filiales, c’est environ 50 000 postiers mais que les agents des bureaux de poste n’en représentent qu’environ 27 000. Il serait fort intéressant d’isoler les résultats des postiers des bureaux de poste. Du bout des lèvres, le Siège nous livre que le score de la qualité de vie au travail est le plus en retrait chez cette population.

FO reste convaincue qu’un mal être au travail existe dans les bureaux de poste. La démarche « Tous présents » que nous décrivions dans le CC Enchaîné de décembre 2023 est loin d’être à la hauteur pour lutter contre l’absentéisme. C’est pourquoi, nous rencontrerons La Poste très prochainement afin qu’elle mène une réelle réflexion sur ce sujet qui n’est que la manifestation du malaise des postiers des bureaux.

BSCC : indemnité « habillement », on va finir à poil!

habillementLa note concernant la politique « habillement » à La Poste est sortie le 10 janvier 2024. Outre le nombre de points octroyés pour acquérir des vêtements via le catalogue, elle rappelle les principes inhérents à tous agents : l’image de la marque « La Poste » véhiculée par les postiers auprès des clients et le caractère obligatoire pour certaines fonctions de porter un vêtement identifié.

Pour « accommoder » tout cela, il existe l’indemnité d’entretien versée en décembre aux agents occupant des fonctions éligibles :

  • 12,06€/an pour les postiers en relation avec le public et exposés aux aléas climatiques, dont la tenue est obligatoire
  • 3,50€/an pour les postiers sans relation avec le public

Petit calcul, pour rigoler : 12,06€ par an, cela représente 1€ par mois, soit 3 centimes par jour…

Ces 2 montants sont dérisoires et compensent à peine le coût d’un bidon de lessive. Cela démontre encore une fois le fossé qu’il y a entre ce que demande La Poste et les moyens qu’elle donne aux postiers pour asseoir ses exigences. La Poste se rend-elle compte de l’augmentation de l’électricité, de l’eau et des produits ?

Et même si comparaison n’est pas raison, nous aimerions bien savoir quel est le montant de l’indemnité chez nos collègues policiers ou cheminots par exemple. FO Com exige que cette indemnité d’entretien soit réévaluée à 150€ par an pour tous les postiers. FO Com exige, en outre, une nette revalorisation et un report du nombre de points dédié à l’achat de vêtements.